5 choses que vous ignorez sûrement
sur Douai (même si vous y êtes déjà allé)
J'ai grandi près de Douai. J'ai mis des années à découvrir la moitié de ces faits. Voici ceux qui surprennent le plus, y compris les Douaisiens eux-mêmes.
On connaît Douai pour son beffroi et ses géants. Ce qu'on connaît moins, ce sont les cinq détails suivants — chacun mériterait sa propre visite guidée, et pourtant la plupart des visiteurs passent à côté sans le savoir.
Le musée de la Chartreuse conserve Le Concert, une toile de Pierre-Auguste Renoir datée de 1919. Ce n'est ni une reproduction ni une attribution incertaine — c'est une œuvre authentique du peintre impressionniste, exposée dans une ville de taille moyenne du Nord de la France, loin des grands musées parisiens. Beaucoup de visiteurs découvrent son existence seulement en poussant la porte de la bonne salle.
Au XVIe siècle, des catholiques anglais fuyant les persécutions religieuses en Angleterre se sont réfugiés à Douai, y ont fondé un collège, et y ont traduit une Bible complète en anglais — la Bible de Douai-Reims. Ce texte est devenu la référence des catholiques anglophones pendant plus de trois siècles. Peu de villes françaises peuvent revendiquer une influence aussi directe sur la langue anglaise religieuse.
On associe le port fluvial à des villes comme Strasbourg ou Rouen — rarement à Douai. Pourtant, la ville figure parmi les tout premiers ports de batellerie de France, grâce à sa position sur la Scarpe canalisée. Les péniches qui transitent aujourd'hui par le port de Douai transportent des marchandises vers l'ensemble du réseau fluvial du Nord de l'Europe. Une promenade sur les quais suffit à s'en rendre compte, à condition de savoir où regarder.
La tradition des géants de Douai remonte à 1530 — presque cinq siècles d'une coutume ininterrompue (à l'exception des périodes de guerre), classée au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Monsieur Gayant, sa femme Marie Cagenon et leurs trois enfants sortent chaque année en juillet devant environ 80 000 visiteurs, dans un rituel qui reste profondément ancré dans l'identité locale, bien au-delà du folklore touristique.
Le musée de la Chartreuse conserve un plan-relief de Douai daté de 1709, commandé sous le règne de Louis XIV à des fins militaires — ces maquettes servaient à planifier les défenses des places fortes du royaume. Cette pièce permet de voir la ville telle qu'elle était il y a plus de trois siècles : ses remparts, ses portes, des quartiers aujourd'hui disparus. Peu de villes françaises ont conservé un document aussi précis de leur passé fortifié.
Ce que ces 5 faits ont en commun
Chacun de ces éléments, pris séparément, pourrait justifier une ville touristique à lui seul ailleurs en France. Réunis à Douai, ils composent un patrimoine dense mais discret, qui ne se révèle qu'à ceux qui prennent le temps de creuser un peu au-delà du beffroi et des géants — pourtant déjà largement suffisants pour justifier une visite.
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